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Arrêts maladie : les syndicats de médecins et la Cnam cherchent des "solutions" pour enrayer la hausse

Une première réunion s'est tenue ce mercredi matin pour dresser "un état des lieux" et évoquer les difficultés quotidiennes des généralistes.  

22/04/2026 Par Aveline Marques
Arrêt de travail Assurance maladie / Mutuelles
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Ce mercredi 22 avril, les syndicats de médecins libéraux et la Cnam ont entamé un cycle de discussions sur les arrêts de travail, dans un contexte de hausse continue et très dynamique des dépenses d'indemnités journalières. "Le but, c'est de trouver ensemble des solutions, commente la Dre Patricia Lefébure, présidente de la FMF. C'est ce qu'on leur dit depuis le début… C'est plus intelligent que de taper tout le temps sur les médecins." Signe d'une ambiance qui se veut "beaucoup plus constructive", à la Cnam comme au ministère, l'épineuse question de la MSO-MSAP n'a pas été abordée ce matin, informe la syndicaliste.

"Les médecins du travail tardent à prononcer les inaptitudes sur des patients qui, manifestement, ne pourront plus travailler"

Cette première réunion - sur les trois prévues jusqu'en juin - a permis de dresser un état des lieux. Les chiffres présentés par la Cnam corroborent le vécu des généralistes, constate la présidente de la FMF. "Les durées des arrêts de travail-maladie professionnelle ont explosé chez les 60-69 ans et c'est surtout ça qui contribue à l'énorme hausse des dépenses", rapporte-t-elle. Or, si ces arrêts s'éternisent (leur durée ne cesse de s'allonger), c'est bien souvent parce que les généralistes ne trouvent pas d'issue pour ces patients.

"C'est plus compliqué de réorienter des patients à 62 ans qu'à 50 ou à 40 ans, relève Patricia Lefébure. Et les médecins du travail tardent à prononcer les inaptitudes sur des patients qui, manifestement, ne pourront plus travailler." De même, "les médecins-conseil tardent à mettre les patients en invalidité". "J'ai une patiente, ça fait six mois qu'on attend", illustre la généraliste. "Pour contacter le médecin-conseil, il faut faire un mail. Ça rajoute encore du temps à des consultations qui sont déjà longues, soulève de son côté le Dr Luc Duquesnel, président des Généralistes-CSMF. Il faudrait qu'on ait juste une case à cocher."

Dans ce contexte, les syndicats attendent avec impatience la généralisation du dispositif SOS-IJ, expérimenté avec succès dans deux départements. "Il est trop tôt pour dire si oui ou non ça permet de diminuer le nombre de jours d'arrêt de travail, mais ça permettra d'échanger sur les situations complexes pour trouver la meilleure solution", salue Patricia Lefébure.

En revanche, l'idée de solliciter "un deuxième avis" auprès d'un confrère spécialiste (un rhumatologue pour un patient souffrant de TMS, un psychiatre pour des troubles psychiques…), soulevée par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, le 9 avril, est loin de convaincre les médecins libéraux. "Ça nous fait doucement rigoler, sachant que l'accès aux spécialistes est l'une des difficultés", grince la Dre Agnès Giannotti, présidente de MG France. Quant à l'encadrement de la durée de prescription des arrêts (un mois en primo-prescription, deux mois pour un renouvellement) à compter du 1er septembre, "ce n'est pas ça qui changera quoi que ce soit", juge la généraliste. "Si le patient a besoin d'être arrêté trois mois, il sera arrêté trois mois."

Pour Luc Duquesnel, on n'enrayera pas la hausse des arrêts de travail sans s'attaquer aux problématiques de santé mentale. "Les arrêts pour troubles anxio-dépressifs, anxieté, asthénie, etc. représentent plus de la moitié des motifs d'arrêts. C'est notre quotidien. Ça explose chez nous, avec la conflictualité au travail", alerte le président des Généralistes-CSMF.

Vers des prescriptions de télétravail ?

"Il faut aussi s'attaquer à ce que j'appelle les arrêts de travail sociétaux", relève sa consœur de la FMF, citant l'exemple d'une patiente enceinte de 5 mois dont la grossesse se déroule normalement mais qui fatigue à cause de ses 4 heures quotidiennes de transport en commun. Ou d'un patient, comptable, qui ne peut plus se déplacer jusqu'à son lieu de travail à cause d'une jambe cassée. Pour "ces patients dont l'état de santé n'empêche pas de travailler", faut-il permettre aux médecins de prescrire du télétravail ? s'interroge la syndicaliste. "Souvent, ce sont les employeurs qui refusent", signale-t-elle. Les concertations lancées par les ministres de la Santé et du Travail devraient permettre d'aborder la problématique.

Une chose est sûre, face à un problème complexe, "il n'y a pas une seule bonne solution", lance Patricia Lefébure. "Sinon, ça ferait longtemps qu'elle serait mise en place."

Faut-il instaurer une attestation d'honorabilité pour tous les médecins ?

FRANCOIS CORDIER

FRANCOIS CORDIER

Non

La prestation de serment par chaque médecin devant le conseil de l'Ordre et son honorable aréopage ne suffirait-elle plus désormai... Lire plus

1 débatteur en ligne1 en ligne
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ROMAIN L
19,1 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
Certains disent que c'est la faute de l'incompétence des généralistes, d'autres que c'est le manque de moyens, certains un peu plus malins parlent de l'effondrement de la santé mentale des français. Et si on prenait encore un peu de recul ? Pour moi la raison principale est beaucoup plus simple : le travail n'est plus valorisé. Les gens n'ont tout simplement plus envie de bosser. Ce n'est pas que le travail contemporain soit plus difficile qu'avant (au contraire !), c'est simplement que travailler ne permet plus d'élever sensiblement son niveau de vie. Alors à quoi bon faire l'effort de supporter son patron ? Le problème de fond est à 90 % politique. Il va falloir un jour ou l'autre aborder les vrais sujets : taper dans la retraite des vieux, se calmer sur les mesures de protection sociale et salariale, miser sur les secteurs stratégiques aussi bien dans les filières de formation que dans les visions politiques à long terme, inciter les jeunes à procréer...
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PHILIPPE PIAZZA
55 points
Médecine physique et de réadaptation
il y a 1 mois
Personne n'ose statuer sur une inaptitude professionnelle et, donc, une mise en invalidité dans le privé ou en retraite invalidité dans la fonction publique : pourtant c'est le rôle médical. Pour rappel, une inaptitude professionnelle est à émettre quand un salarié présente des séquelles invalidantes d'un accident privé ou du travail, une pathologie médicale chronique entrainant une invalidité médicale avec un traitement chronique non curatif, une incapacité à se reprojeter dans une activité professionnelle. dans les cas difficiles à statuer le temps partiel thérapeutique à 50 % sur 3 mois devrait être systématique et permettrait sur 3 mois à voir si le salarié pour assurer le rythme et les gestes professionnelles à minima. Enfin, une inaptitude est fixée s'il n'y a pas de possibilité de reclassement professionnel mais là intervient la bonne ou mauvaise volonté de l'employeur et là ces ont des cas qui révèlent de l'organisation professionnelle et de son contrôle par l'Etat.
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DELA LIE
3,5 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
Pas de prescription de télétravail ! c'est un accord entre le patron et l'employé (avant de contrat) Par contre une case à cocher : " ne peut se déplacer" Au patron d'indemniser les IJ s'il refuse de mettre son salarié en télétravail. La pression ne sera pas (moins) sur le generaliste.
 
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