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Généraliste, cardiologue, dermatologue... quel délai pour obtenir un rendez-vous dans votre département?

Une seconde cartographie des inégalités d’accès aux soins en France vient d'être publiée par la Fondation Jean Jaurès et Doctolib. L’étude mesure les délais d'obtention d'un rendez-vous sur la plateforme auprès de dix professions de santé libérales, à partir de 234 millions de consultations réalisées en 2025.

19/05/2026 Par Marine Quéau
Démographie médicale
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Près de deux patients sur trois ont renoncé, en 2025, à chercher un rendez-vous médical au cours des 12 derniers mois. C’est l’un des enseignements d’une étude menée conjointement par Doctolib et la Fondation Jean Jaurès, à partir des 234 millions de consultations réalisées par plus de 80 000 professionnels de santé l’an dernier. Les résultats de cette deuxième édition des “Cartes de France de l’accès aux soins”, dévoilés ce mardi 19 mai, s’enrichissent cette année d’une enquête nationale menée auprès de 8000 patients. “Cette double entrée, données d’usage et vécu des patients, permet de croiser les délais effectifs d’obtention de rendez-vous avec les ressentis patients face aux difficultés d’accès aux soins”, met en avant le communiqué de presse.

Des disparités par spécialités 

“Il y a une dégradation générale de la prise de rendez-vous, et bien qu’il n'y ait pas de logiques spécifiques, les délais s'allongent”, explique Joy Raynaud, géographe spécialiste de l’accès aux soins et auteure de l’étude. Quatre des 10 professions étudiées enregistrent ainsi une dégradation des délais médians d’obtention d’un rendez-vous sur Doctolib : 8 jours pour la pédiatrie (+1), 12 jours pour les sages-femmes (+1), 15 jours pour la psychiatrie (+1) et 42 jours pour la cardiologie (+1), spécialité où l’attente est la plus longue.

Source : Cartes de France de l'accès aux soins, 2026

À l’inverse, les délais médians restent stables en médecine générale (3 jours) et en kinésithérapie (6 jours), tandis que la dermatologie (32 jours) et l’ophtalmologie (21 jours) réduisent leurs délais, respectivement, de 3 et 4 jours par rapport à 2023.

Toutes les professions maintiennent une capacité de réponse non programmée, souligne le communiqué. En médecine générale, 39 % des rendez-vous sont obtenus en moins de 48 heures (35% en plus de 7 jours), et 37 % en pédiatrie. En cardiologie, spécialité sous forte tension mais où les urgences sont le plus souvent orientées à l'hôpital, 8 % des créneaux restent accessibles en moins de deux jours.

Cardiologie : 16 jours à Paris... 164 jours dans le Gers 

Derrière ces médianes, les écarts départementaux sont considérables. En cardiologie, le délai varie de 16 jours à Paris à 164 jours dans le Gers ; en dermatologie, il faut compter 7 jours en Savoie mais 90 jours dans l’Aisne.

Concernant la médecine générale, 78 % des départements se situent entre 1 et 5 jours, tandis que 19 % présentent des délais compris entre 6 et 7 jours, et une minorité dépasse 8 jours. “Cette distribution atteste d’un premier recours encore largement fonctionnel”, souligne l’étude. Mais “cette photographie masque toutefois une dégradation diffuse et progressive”: entre 2023 et 2025, 47 % des départements enregistrent une hausse des délais, 49 % restent stables et seulement 4 % connaissent une amélioration.

Source : Cartes de France de l'accès aux soins, 2026

Une tendance se dessine en fonction des spécialités, sans schéma unique, avec par exemple une fracture ouest-centre en ophtalmologie, et des tensions dans le nord et le centre-est en dermatologie.

Des territoires restent marginalisés, tant sur l’étude de 2023 que celle de 2026. “Il a des récurrences. Certains départements vont bien, comme [ceux de] l’Ile-de- France et les Alpes-Maritimes, et il y a ceux qui vont mal comme les Côtes-d'Armor, la Manche, ou le Pas-de-Calais. Chacun évolue selon l'attractivité de son territoire, qui influence dès lors l’installation des professionnels”, relève Joy Raynaud. 

De quoi donner du grain à moudre aux partisans de la régulation de l’installation des médecins, alors que la proposition de loi Garot sera examinée au Sénat à partir du 11 juin. 

“Il y a des choses qui vont contre la loi Garot et des aspirations sociétales qui bloquent. Mais elle fait partie d’une galaxie d’outils qu’on peut mobiliser pour pallier les inégalités d’accès, et ce en plus des renforcements d’autres ressources comme le travail aidé”, reconnaît Florian Bon, chef du bureau Accès territorial aux soins du ministère de la Santé. Si la régulation à l’installation des médecins libéraux cristallise les tensions, le travail aidé s’impose comme une solution aux inégalités d’accès aux soins. 

Développer le travail aidé

D'après l’étude, la réorganisation du secteur de l’ophtalmologie par la mutualisation du parcours de soins (avec les orthoptistes et les opticiens), a permis de diviser par deux le délai médian d’accès aux soins, en huit ans et à effectifs similaires. "Aujourd'hui, 85 % des ophtalmologues sont en travail aidé", explique Joy Reynaud, auteur de l’étude. 

Un accès aux soins qui dépend autant des modes d'organisation que du volume de professionnels sur le territoire. "On pourrait envisager d’appliquer le travail aidé à d’autres spécialités que l’ophtalmologie, bien que ce ne soit pas la même démographie”, poursuit le représentant du ministère. Travail aidé, télé-expertise, protocoles de coopération… autant de mesures qui sont à envisager, et notamment via le numérique. L’intelligence artificielle figure parmi les accélérateurs de prise de rendez-vous. Elle aurait motivé 43% utilisateurs à trouver un créneau en ligne. 

Si cette seconde cartographie des inégalités de santé permet une analyse suivie et une lecture qualitative des données, elle interpelle plusieurs professionnels de santé, sur ses limites, et notamment sur l’intégration des données financières. “Il serait intéressant d’identifier l’hétérogénéité des délais dans le secteur 1 et le secteur 2”, soumet Véronique Lucas-Gabrielli, géographe de la santé à l’Irdes. 

Faut-il instaurer une attestation d'honorabilité pour tous les médecins ?

FRANCOIS CORDIER

FRANCOIS CORDIER

Non

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1 débatteur en ligne1 en ligne
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Raphael Besnier
39 points
Dermatologie et vénérologie
il y a 10 jours
cette étude souffre de nombreux biais. Sont exclus Ariège, Lot, Aveyron, Tarn et Garonne, Gers soit 5 départements sur 8 des estimations en Midi-Pyrénées pour la dermatologie (ou Ouest Occitanie)... Forcément si sont exclus les déserts médicaux .... Ensuite pourquoi uniquement doctolib ? Tous les rdvs hors doctolib sont occultés et dans certains territoires il n'y a que 20% des pros de santé qui l'utilisent... sans parler des biais de motifs de consultations pouvant considérablement faire varier les délais selon les spécialités. Et pas de notion de "pas de nouveaux patients" si fréquent....bref cette étude est parcellaire et souffre de trop nombreux biais pour prétendre être représentative de l'état de l'offre de soins en France en 2026 sur l'ensemble des spécialités évaluées. Les départements avec moins de 5 pros de santé de la spécialité sont exclus : de nombreux départements de France ne comptent pas 5 dermatologues du fait de la chûte de la démographie médicale, d'un trait de crayon ces territoires ne sont pas comptabilisés : Quelle exclusion statistique pour les patients de ces territoires ! ils n'existent pas ? le délai pour un RDV en Tarn et Garonne en dermatologie dépasse les 400 jours... mais non cela n'existe pas ...
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Jean Marie Mazé
395 points
Incontournable
Médecine générale
il y a 8 jours
Retraité MG ds cabinet de groupe avec 2 secrétaires pendant 40 ans , je pratique quelques heures de teleconsultation ce qui me permet de voyager dans toute la France...et partout le problème est le même, contact téléphonique impossible avec les secrétariats et pas plus de résultats en se rendant sur place, délais à 15 jours voire plus chez le médecin traitant, pour une infection urinaire, ou un otite de l'enfant c'est trop...confier cette gestion à Doctolib est une erreur car impossibilité de gérer l'urgence, difficultés pour les anciens.. Confier le secrétariat à une plateforme c'est économique mais c'est un abandon des patients..
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Pat Bourgpat
2,7 k points
Débatteur Passionné
il y a 10 jours
Petit discussion de vocabulaire. Si un patient demande un rendez-vous ou si un patient demande à être pris en urgence, cette simple modification de langage peut changer la réponse derrière. Un rendez-vous pour une licence sportive n'as pas à être traité de la même manière qu'une question d'urgence. Lorsque des patients demandent des rendez-bous groupés pour deux ou trois personnes en même temps, il n'y a pas d'urgence pour deux ou trois personnes en même temps. C'est le problème avec les gauchistes, car si on peut dire que les socialistes sont des crétins des alpes tous les crétins des alpes ne sont pas des socialistes. Ils sont sur une logique de rendez-vous indifférencié, là où nous, nous devons travailler sur une notion de soins urgent ou non, nécessitant des actes techniques ou non. En quoi un rendez vous pour une licence sportive devrait il être pris avec la même vitesse qu'un soins technique qui va nécessiter du temps de réalisation si on respecte les normes imposées par l’État. En quoi les normes influencent la capacité de voir les patients pour les respecter. Quand certains anciens de la profession se rappareillent comment ils se passaient les turbine pendant les études en centre de soins d'un box à un autre, la nécessité d'avoir des rotatifs stériles pour chaque patients influence le nombre de patients qui peuvent être pris en charge. On a un vendeur de rendez-vous parasitaire qui fait une étude en ne comprenant pas la logique derrière le rendez-vous qui est la réalisation d'actes techniques respectant des normes et qui ne veux pas comprendre que tous rendez-vous n'ont pas à être pris de la même façon et que tous les soins ne sont pas identiques sur le durée et sur les contraintes techniques derrière. Ils sont sur une logique de rendez-vous gloubiboulga, nous sommes sur une logique de soins nécessitant de respecter des impératifs techniques et donc du temps pour les réaliser correctement même si le financeur public n'arrive pas à comprendre que cela entraîne des coûts et des contraintes en demandant à ce que ces soins soient réalisés à des tarifs qui ne respectent pas les coûts de réalisation.
 
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