Des détenues de la prison de Nîmes portent plainte contre l'Etat

19/08/2017 Par Sandy Bonin

Quatre détenues ont cité l'Etat à comparaître devant le Tribunal correctionnel de Nîmes (Gard) pour "mise en danger" afin de dénoncer les conditions de détention à la maison d'arrêt nîmoise.

Le document, dont l'AFP a obtenu copie, "donne citation à l'Etat français pris en la personne de son représentant" le préfet du Gard Didier Lauga "d'avoir à comparaître à l'audience du Tribunal correctionnel de Nîmes" le 26 septembre 2017 pour "mise en danger de la personne d'autrui". L'avocate des quatre détenues, Me Khadija Aoudia, demande à la juridiction de condamner l'Etat pour la "violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité et de prudence imposée par la loi". Le conseil reproche entre autres à la prison d'avoir "exposé les personnes détenues et le personnel pénitentiaire à un risque immédiat de mort ou de blessures" en laissant "perdurer la surpopulation carcérale (...), l'incarcération de personnes atteintes de pathologie mentale mises en cellule avec des personnes particulièrement vulnérables (...), l'incarcération de personnes atteintes de maladies transmissibles (VIH, hépatite B, etc...), l'insalubrité". "Les conditions de détention au sein de la maison d'arrêt de Nîmes sont inhumaines, l'Etat a été condamné par la CEDH" (Cour européenne des droits de l'Homme), souligne la citation, parlant d'un établissement "incontestablement au bord de l'implosion". "Depuis 2012, il y a eu des actions de dénonciation (...) à la maison d'arrêt de Nîmes mais cinq ans après, rien n'a bougé", dit Me Aoudia. Avec cette plainte pénale contre l'Etat, l'avocate se dit consciente d'engager "un combat judiciaire extrêmement difficile puisque l'Etat est par principe irresponsable pénalement". "Donc je suis obligée de passer par une citation directe puis d'établir une question prioritaire de constitutionnalité pour une égalité de traitement devant la loi", explique-t-elle. La prison de Nîmes détient le record français de surpopulation carcérale avec environ 400 détenus, hommes et femmes, pour environ 190 places. [Avec AFP]

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