Les patients hospitalisés pour pathologie psychiatrique sont davantage exposés au risque de diabète de type 2

25/10/2019 Par Pr Philippe Chanson
Diabétologie Psychiatrie
On connaît le risque de diabète de type 2 chez les patients présentant des pathologies mentales sévères comme la schizophrénie, les maladies bipolaires ou les troubles dépressifs majeurs. Afin de mieux déterminer l’incidence du diabète de type 2 chez ces patients, les hospitalisations pour pathologies mentales sévères ont été comparées aux hospitalisations pour une autre raison en Ecosse, entre 2001 et 2015.

Pour cela, cette équipe d’épidémiologistes écossais a utilisé les données de population d’Ecosse afin de créer des cohortes ayant un compte rendu d’hospitalisation pour schizophrénie, maladie bipolaire ou dépression, dans le but d’évaluer l’incidence du diabète en comparaison de patients hospitalisés pour une autre raison qu’une raison psychiatrique. 254 136 cas de diabète ont été identifiés entre 2001 et 2015. L’incidence en 2015 était 1.5 à 2.5 fois supérieure chez les patients hospitalisés pour une pathologie psychiatrique sévère, en comparaison de ceux qui étaient hospitalisés pour une pathologie non psychiatrique, cette différence ayant discrètement augmenté au cours du temps. Les risques relatifs d’incidence du diabète étaient supérieurs chez les femmes en comparaison des hommes pour la schizophrénie (RR = 2.4 ; IC 95 % = 2.01 à 2.85 chez les femmes et 1.63 ; 1.38 à 1.94 chez les hommes) et pour la dépression (RR = 2.1 ; 1.86 à 2.36 chez les femmes et 1.62 ; 1.43 à 1.82 chez les hommes) ; en revanche l’incidence était similaire en cas de maladie bipolaire (RR = 1.65 ; 1.35 à 2.02 pour les femmes et 1.5 ; 1.22 à 1.84 pour les hommes). Les différences absolues et relatives dans l’incidence du diabète associé aux pathologies psychiatriques augmentaient avec le degré de pauvreté. En conclusion, les disparités dans l’incidence du diabète entre les sujets ayant une pathologie psychiatrique sévère et ceux n’en ayant pas une semblent s’élargir. Les maladies psychiatriques sévères ont un effet supérieur sur le risque de diabète chez les femmes et chez les personnes vivant dans des zones défavorisées, ce qui a des implications pour les stratégies d’intervention afin de réduire le risque de diabète dans cette population vulnérable.

Faut-il instaurer une attestation d'honorabilité pour tous les médecins ?

FRANCOIS CORDIER

FRANCOIS CORDIER

Non

La prestation de serment par chaque médecin devant le conseil de l'Ordre et son honorable aréopage ne suffirait-elle plus désormai... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Histoire
De jeune médecin inconnu à bourreau… Un historien retrace le parcours de Mengele, "l'Ange de la mort"
07/05/2026
0
Témoignage
Après la leucémie de son fils, elle se lance dans des études de médecine : "J'ai voulu redonner ce qu’on m...
05/05/2026
3
Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
22
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2