une pédiatre jugée

Erreur de diagnostic : une pédiatre jugée pour la mort d'un enfant de 9 ans

Une pédiatre comparaissait devant le tribunal correctionnel de Marseille pour "homicide involontaire" après la mort d'un enfant de 9 ans à la suite d'une erreur de diagnostic. Le ministère public a requis seize mois de prison avec sursis à l’encontre de la praticienne. Le tribunal rendra sa décision le 30 juin. 

09/05/2025 Par Sandy Bonin
Faits divers / Justice Pédiatrie
une pédiatre jugée

16 mois de prison avec sursis ont été requis à l’encontre d’une médecin des urgences pédiatriques de l’hôpital Nord (AP-HM) pour homicide involontaire. La praticienne avait diagnostiqué en mai 2020 la scarlatine à un petit garçon autiste de 9 ans alors qu'il s'agissait d'un syndrome de "Kawasaki-like" post-Covid. Le premier cas mortel en France.

Une semaine avant le drame, le garçon et son père étaient arrivés aux urgences pédiatriques de l’hôpital Nord. Depuis trois jours, l’enfant présentait de la fièvre, des éruptions cutanées, de la fatigue et des difficultés à s’alimenter. L'interne qui l'avait examiné avait demandé l’avis de la pédiatre senior. Après un "examen de moins de cinq minutes", selon le père, la pédiatre a diagnostiqué une scarlatine. L'enfant a été renvoyé chez lui avec un traitement antibiotique et devait se représenter trois jours plus tard pour un contrôle de la fièvre notamment. Mais deux heures après sa sortie, l'enfant s'est écroulé, victime d’un arrêt cardiaque. Il décèdera quelques jours plus tard des suites d’un kawasaki-like.

À cette époque, le syndrome de kawasaki-like est encore méconnu mais des messages sont envoyés aux personnels médicaux pour les alerter sur cette maladie qui touche les enfants. L’interne affirme d'ailleurs avoir soumis cette hypothèse à la pédiatre. L'avocat des parents de l'enfant estime que la praticienne n’a pas usé de tous les moyens dont elle disposait pour effectuer son examen. "Le fait que le diagnostic soit erroné, ce n’est pas le sujet. La médecine n’est pas une science exacte et tout le monde, dans cette profession, se trompe et peut se tromper", pointe le procureur Michel Sastre, qui estime que c’est l’accumulation de fautes simples qui a conduit à la mort de l'enfant.

La pédiatre "nous dit ne pas être sûre d’avoir écouté son cœur, sa respiration, d’avoir palpé son foie, elle nous dit que les constantes ont nécessairement été prises… mais ce n’est pas noté, relève-t-il, avant de requérir seize mois d’emprisonnement assortis d’un sursis simple. Aucun élément ne prouve qu’elle a examiné cet enfant, au contraire."

Le tribunal rendra sa décision le 30 juin. 

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CHAMBON dominique
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Médecine générale
il y a 1 an
Tout le monde nous pardonnera une erreur de diagnostic si nous avons mis, au préalable, toutes les chances du côté du patient. Dans le cas contraire, ça s’appelle la perte de chances, c’est juridiquement opposable, et c’est la condamnation assurée.
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Georges FICHET
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Médecins (CNOM)
il y a 1 an
La clinique, la clinique, la clinique ! Les médecins n'examinent plus les patients. Combien de patients mon dit "c'est la première fois qu'on m'examine comme ça!". La clinique avant tout !!! Et puis, après l'examen clinique, il y a moyen de rentrer toutes les données recueillies dans ChatGPT et de regarder les hypothèses proposées.
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François CHASSAING
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Incontournable
Médecins (CNOM)
il y a 1 an
Malheureusement c'est prévisible : on peut se tromper , mais il faut le faire en toute légalité ! Le procureur nous reconnaît (quand même ! ) le droit de se tromper , mais avec la jurisprudence il reproche à notre consœur : - de ne pas avoir passé assez de temps avec le patient ( c'est idiot , mais les parents ne voient que ça et les juges sont très démago...); l'avocat et l'expert en défense auraient pu insister sur l'expertise du médecin et la situation simple du patient , etc , ...mais l'article n'en parle pas - de ne pas avoir "tracé " ! en clair remplir du papier pour expliquer qu'on a examiné le patient . Là nous sommes coincés , c'est l'argument des hommes de loi , aussi bien juges qu'avocats , et c'est repris par toutes nos institutions ( accréditation , certification des établissements , société savantes ) , c'est là qu'ils se retrouvent et sans rien connaître à la médecine expliquer au médecin qu'il est en tort ... Ceci dit c'est cher payé (prison avec sursis ) de la part d'une institution qui doit elle aussi expédier ses dossiers trop vite pour certains et beaucoup trop lentement pour d'autres , et qui ne reconnaît pas à la société le droit de la juger !
 
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