Dissolution

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"Le problème, c'est le corporatisme" : médecins, ils militent pour la dissolution de l'Ordre

Suite aux révélations du rapport de l'Inspection générale des finances, un nouveau collectif s'est créé pour réclamer la dissolution de l'Ordre des médecins. "ça ne peut pas fonctionner avec des médecins qui jugent des médecins", explique à Egora l’un des membres fondateurs. 

28/04/2026 Par Aveline Marques
Déontologie
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Ils ont choisi d'échanger via Signal, un réseau social qui garantit l'anonymat de ses membres. "Il y a des médecins qui ont revendiqué le fait de pas payer leur cotisation et ont eu des sanctions disciplinaires, donc ce ne sont pas des précautions inutiles", justifie au bout du fil notre interlocuteur, dont nous ne saurons rien – si ce n'est qu'il s'agit d'un homme, qu'il est médecin et plutôt jeune. "Nous sommes un petit groupe de médecins au sein duquel on a des discussions au sujet des problèmes liés à l'Ordre", retrace-t-il. Car ces dernières années, explique-t-il, les "scandales" se sont enchainés : de la dissolution de l'Ordre des Bouches-du-Rhône à l'affaire Le Scouarnec, jusqu'aux révélations du Canard enchainé concernant les conclusions du rapport de l'IGF, mi-mars.

C'est ce qui a motivé la fondation de ce nouveau collectif, baptisé "CONTR’ORDRE", appelant à la dissolution pure et simple de l'Ordre des médecins. "Pour nous, ce n'est pas un problème ponctuel avec des gens qui ont mal agi. C'est un problème structurel, lié au corporatisme, qui est consubstantiel d'un ordre. Il ne faut pas réformer l'Ordre… ça ne peut pas fonctionner avec des médecins qui jugent des médecins, tranche le praticien. Il ne faut pas se voiler la face et se dire que c'est quelque chose qu'on peut réparer : ça fait des décennies que ça ne fonctionne pas."

D'autres mouvements, dans les suites de Mai-68, ont mené ce combat pour une médecine "plus inclusive", rappelle notre interlocuteur. "On ne veut pas repartir de zéro, mais apporter un souffle de nouveauté", assure ce dernier. En utilisant les réseaux sociaux, le collectif espère notamment toucher les internes et jeunes médecins, peu sensibilisés à la problématique. S'il vise principalement les médecins, qu'il appelle à cesser de payer leur cotisation, il se veut plus largement ouvert aux autres professionnels de santé et aux patients, notamment ceux qui ont pu être "victimes" des actions ou de l'inaction de l'Ordre. "Ce n'est pas un problème qui concerne que les médecins, mais toute la société", insiste le représentant du collectif.

En s'inspirant de l'étranger, CONTR’ORDRE souhaite réfléchir à un modèle de régulation ouvert à la société civile et où les magistrats professionnels ont une place plus importante. "Evidemment, on ne peut pas faire sans les médecins, mais la responsabilité disciplinaire ne peut pas être détenue uniquement par des médecins, qui ont un conflit d'intérêts et ne sont pas bien formés", insiste le praticien. Ce dernier en a bien conscience : le chemin sera long. "C'est un peu David contre Goliath." 

Faut-il instaurer une attestation d'honorabilité pour tous les médecins ?

FRANCOIS CORDIER

FRANCOIS CORDIER

Non

La prestation de serment par chaque médecin devant le conseil de l'Ordre et son honorable aréopage ne suffirait-elle plus désormai... Lire plus

1 débatteur en ligne1 en ligne
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Michel Rivoal
12,7 k points
Plume
Anesthésie-réanimation
il y a 27 jours
Difficile de contre argumenter mais quand même. La représentation des médecins se fait de nombreuses façons. L'Ordre, l'Académie, les syndicats, les sociétés savantes. Mais aussi les conseils de surveillance des hôpitaux et les universités, les organismes de tutelles, les associations caritatives et/ou non gouvernementales nationales et internationales... Aucune n'est parfaite dans sa gestion comme dans ses missions. mais leur pluralité est un signe... d'indépendance (?). En tout cas la profession peut se faire entendre et la diversité "va" contre le corporatisme. Pour autant si son indépendance est parfois floue, c'est qu'il existe des contre pouvoirs. Au niveau de l'ordre, ses compétences autour de la déontologie peuvent ressembler à une usine à gaz mais les instances disciplinaires sont présidées par des magistrats dépendants eux du conseil d’État. Ce n'est pas tout à fait l'indépendance de la magistrature mais la Cour des Comptes peut aussi y mettre un regard appuyé. Faudrait il aller jusqu'à un parquet spécialisé? Alors sans doute une réforme (comme on dit souvent, de simplification) mais une dissolution ou une gestion calquée sur celle des réseaux sociaux probablement pas, ce serait une porte ouverte sur le grand n'importe quoi.
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Sylvester Bdx
377 points
Incontournable
Chirurgie plastique reconstructrice et esthétique
il y a 27 jours
Quand on parle aux confrères, beaucoup confessent qu'ils n'osent critiquer l'ordre parce qu'ils ont peur.le prétexte de la déontologie est pour beaucoup de confrères un foure tout qui peut confiner à l'arbitraire.Certains confrères ont des soupçons de copinage , de note de gueule, relatent la participation à des juridictions douteuses (exemple section des assurances sociales), des irrégularités comptables (ex:cour des comptes) etc... Tout cela pose question. Beaucoup de confrères pensent également que ce serait "pire" sans l'ordre. Posez vous la question de savoir si vous seriez plus malheureux sans l'ordre actuel dans votre exercice et ce que l'ordre fait pour vous. Il y a déjà de multiples juridictions pouvant condamner un médecin :pénale, civile, conventionnelle etc... 8 si j'ai bonne mémoire. Beaucoup de médecins préfèrent de vraies expertises ordonnées par des juges professionnels, qu'on peut contester avec une contestation effective. Certains considèrent que la première révolution de l'ordre serait déjà de changer d'appellation et s'appeler collège médical comme dans beaucoup de pays. Les responsables de l'institution qui laisseraient des dérives s'installer pourraient-ils rendre des comptes et s'appliquer les sanctions qu'ils appliquent aux autres?
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Emmanuel BUTHIAU
286 points
Incontournable
Pédiatrie
il y a 28 jours
Tout à fait d'accord. Les magistrats jugent toute sortes de délits et crimes pour lesquels ils n'ont pas de compétence personnelle. Ils s'appuient sur des experts. J'ai subi le jury du "Conseil Régional" : l'un de ses membres m'a carrément avoué sa totale incompétence dans ma spécialité.!! Le Président de mon département est un généraliste comme tant d'autres. De plus il est du Conseil National : quelle est sa compétence médicale? quand est il au contact des malades? De quel droit peut il apprécier nos capacités? Qui est il pour juger ses confrères? Pourquoi lui au Conseil National? L'Ordre devrait être administratif et c'est tout... (NB : je précise que je n'ai aucune supériorité sur mes confrères MG dont je viens de consulter récemment un jeune élément fort compétent et rigoureux dans son travail.)
 
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